Cédric, j'ai déjà un blog dans lequel on trouve que je parle bien assez de moi.
Je veux bien dire en deux mots la part de mes activités que je consacre à la défense et à l'illustration de la tradition savoyarde.
Je dirai surtout que je suis membre de la Compagnie de Savoie, ou que je le serai quand le Bailliage de Bonneville sera fondé, au printemps prochain. Et il en est ainsi principalement grâce à mon combat en faveur de la littérature savoyarde, de sa commémoration, de sa célébration, de sa rénovation.
Elle se passe de deux manières : défense, d'une part ; illustration, d'autre part. En clair, j'écris des articles un peu polémiques et je fais des démarches pour sa reconnaissance officielle, d'un côté ; j'écris des exposés sur ses représentants historiques, les écrivains, de l'autre.
Je fais aussi un peu pareil, quand j'en ai le temps, pour l'histoire et le patois. Mais en général, je le laisse à des gens qui ont, sur cette question, de vrais titres. Car je suis au départ professeur de français, et mes diplômes sont en conséquence - si l'on peut dire.
Je dois dire que ce combat n'est pas facile, pour la raison suivante. La littérature savoyarde était aristocratique, ou du moins, bourgeoise, en général. Or, beaucoup de régionalistes assimilent la Savoie au peuple et l'aristocratie à la France. Souvent, chez eux, le nom de la Savoie est avant tout un moyen de donner de nouvelles couleurs au vieux concept de la lutte des classes. La littérature savoyarde ne peut donc pas les intéresser beaucoup.
Mais de plus en plus d'autorités reconnaissent l'intérêt culturel de ma petite lutte, notamment lorsqu'elles s'aperçoivent qu'elle ne cache aucun projet politique particulier, et qu'il s'agit seulement de nourrir les esprits de choses susceptibles de les élever. Au fond, qui est contre ? Il y a juste des gens très matérialistes (ou très paresseux) qui trouvent que c'est complètement inutile. Mon combat est donc lié, aussi, à celui de l'esprit en général. Il s'agit de ne pas le laisser être englouti par des préoccupations uniquement matérielles - ou politiques, ce qui, pour moi, est à peu près pareil.
Car j'ai une vision concrète de la politique : les idéologies masquent, à mes yeux, des intérêts très
basiques, comme on dit. Pour moi, la politique, c'est de trouver les moyens concrets de promouvoir la littérature savoyarde. Rêver à un monde meilleur, c'est plutôt de la science-fiction. C'est la littérature savoyarde de demain - quand elle émane de notre petite mais glorieuse région !