Oui, mais de toutes façons, il faudra remercier cette militante sans complexe par un beau poème :
Ardente militante, aux Savoyards vouée,
A leur presse enfin libre, ornement de leur voix,
Tu montres des joyaux dignes des plus grands rois,
Quand soudain du maillot ta poitrine dorée
Surgit, jetant de la lumière à tous les vents,
Lançant des éclairs, même, autour de sa courbure
Et des feux de sa pointe étoilée ! Elle est pure
Comme le sont ces becs dont des ruisseaux mouvants
Jaillissent en venant tout droit des prés lunaires :
Car qui pourrait douter que de tels conduits d'or
Sont forgés par les fées, et que jamais la mort
N'a pu vaincre celui qui mit dans ses viscères
Un liquide aussi clair, en plaçant son baiser
Sur ces tendres endroits ? Oh ! c'est un sacrifice
Dont les dieux tiendront compte, et c'est un orifice
Vers le vieux paradis. On a bien pu léser
Les Savoyards, en leur ôtant la porte sainte
Qui les mena souvent au bonheur, seuil sacré
De l'amour ; mais ton don peut être comparé
A celui d'un martyr : car sans faire une plainte,
Tu dévoiles ton coeur, ton buste scintillant,
Et rétablis ainsi la clarté des vieux âges.
Nul ne doute, d'ailleurs, qu'enfin tombent ces pages
Qui te cachent dessous. Ton ventre irant figeant
Dans l'extase maint oeil. Et si tu deviens rouge
En y songeant, ne crains aucun blâme : en tournant
Ta taille ravissante, on ira s'étonnant,
Sans te voir rougissante. Et si ce soleil bouge,
S'il se lève, à quoi bon parler, que dire encor ?
On ne pourra plus que souffrir, paralysé
Par tant d'éclat sur terre. Un regard irisé
A jamais marquera maints mâles dans la mort.